Domestication du maïs : les chercheurs retracent cette saga mouvementée

Domestiquée au Mexique il y a 9 000 ou 10 000 ans à partir d’une graminée, cette céréale s’est répandue 4 000 ans plus tard, grâce à son croisement avec une seconde graminée sauvage des hauts plateaux d’Amérique centrale.
Publié le: 2023-12-07 05:00:10
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Grains jaunes, rouges, noirs, bleus, violets, orangés, verts ou blancs ; variétés cornées, dentées ou perlées, farineuses ou huileuses, vitreuses ou cireuses ; capable de pousser des zones équatoriales au nord des régions tempérées, du niveau de la mer à plus de 3 000 mètres d’altitude… La diversité du maïs, première plante cultivée au monde, est proprement stupéfiante. « Un maïs cultivé dans le nord du Canada ressemble autant à un maïs cultivé au Mexique qu’un chihuahua à un saint-bernard » , s’amuse Alain Charcosset , de l’Inrae (université Paris-Saclay, CNRS, AgroParisTech). La plante, de fait, a su ajuster son cycle de vie à la durée des saisons, à l’éclairement journalier et à la température des latitudes variées où on la cultive, dans près de cent cinquante pays. « A partir de son centre d’origine, les hautes terres du Mexique, l’expansion du maïs s’est accompagnée d’une spectaculaire adaptation à des conditions environnementales variées » , résume Serge Bahuchet , du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), dans La Terre, le vivant, les humains (MNHN/La Découverte, 2022). Mais comment expliquer ce formidable succès adaptatif ? La réponse est dans la saga de la domestication du maïs, dont un nouvel épisode vient d’être retracé dans la revue Science du 30 novembre. Première curiosité : contrairement au riz ou au blé, il n’existe pas dans la nature de plante sauvage qui ressemble au maïs cultivé, Zea mays mays . A partir de quelle plante sauvage a donc été domestiqué ce dernier ? Après de longs débats, on admet aujourd’hui que l’ancêtre du maïs est une téosinte, une petite graminée sauvage d’allure plutôt banale. Difficile, pourtant, d’arborer une morphologie plus contrastée que la téosinte et le maïs ! La première est buissonnante et très ramifiée, dotée de petits épis aux grains coriaces ; le second n’a qu’une seule tige, a développé des épis plus gros et des grains comestibles. Comment s’est opérée la métamorphose ? Revenons aux racines de cette fabuleuse saga, il y a neuf à dix millénaires. Dans le sud-ouest du Mexique, dans les basses terres de la vallée du rio Balsas, de premières civilisations amérindiennes se mettent à cultiver une téosinte, Zea mays parviglumis . Pour quels usages ? Mystère. Peut-être pour ses épis verts, consommés comme légumes ; ou pour ses tiges riches en sucre qui, une fois fermentées, peuvent produire un alcool, la chicha. Quoi qu’il en soit, ces peuples venaient d’inventer, sans s’en douter, une forme d’agriculture.
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