Connacht - UBB. Thibault Giroud : « J’avais besoin de digérer ces cinq années de ma vie »

Après avoir mis du temps à digérer l’arrêt net d’une aventure de cinq ans avec le XV de France lors de la Coupe du monde, Thibault Giroud a rejoint le staff de l’Union Bordeaux-Bègles en tant que Directeur
Publié le: 2023-12-07 21:49:01
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Vous avez eu besoin de couper pendant trois semaines après la Coupe du monde avec le XV de France. Cet épisode est-il vraiment digéré ? J’ai eu besoin de ces trois semaines car au-delà de la fin de la Coupe du monde, pour moi, c’était aussi la fin d’une aventure de cinq ans. Tout s’est arrêté net. Ça a été dur. Je suis rentré le mardi matin chez moi, je me suis assis sur le canapé, et je me suis dit : « c’est fini ». On a quand même monté un projet sur cinq ans en repartant presque de zéro après la Coupe du monde au Japon. Ça a été une expérience riche, intense, exceptionnelle, que ce soit humainement... Vous avez eu besoin de couper pendant trois semaines après la Coupe du monde avec le XV de France. Cet épisode est-il vraiment digéré ? J’ai eu besoin de ces trois semaines car au-delà de la fin de la Coupe du monde, pour moi, c’était aussi la fin d’une aventure de cinq ans. Tout s’est arrêté net. Ça a été dur. Je suis rentré le mardi matin chez moi, je me suis assis sur le canapé, et je me suis dit : « c’est fini ». On a quand même monté un projet sur cinq ans en repartant presque de zéro après la Coupe du monde au Japon. Ça a été une expérience riche, intense, exceptionnelle, que ce soit humainement ou au niveau du taf. J’avais besoin de digérer ces cinq années de ma vie. J’ai vu Yannick (Bru) une dizaine de jours après, on a bu un café à Biarritz, il a été hyper compréhensif, il m’a laissé du temps, je suis arrivé à l’UBB le 6 novembre. Aujourd’hui, les cinq ans sont digérés mais la Coupe du monde, pas encore. Qu’est-ce qui vous a décidé à revenir dans un club, en l’occurrence l’UBB ? La décision était mûrie depuis un an. Il fallait que je laisse ma place. Les joueurs du XV de France avaient besoin d’autre chose, moi aussi. Je cherche toujours à me remettre en question, à relever de nouveaux défis. La vie de club me manquait. J’ai commencé ma carrière en 2002, j’ai attendu 2019 pour arriver en sélection. Entre les deux, j’ai connu des clubs dans le monde entier. J’avais besoin d’y retourner. Ça ne s’est pas fait au Racing, j’avais des opportunités à l’étranger ou dans d’autres sports. Puis est arrivée l’opportunité UBB. Avec Yannick (Bru), nous sommes proches depuis 2016, on échangeait souvent sur la perf’, la méthodologie. Avec lui, ça a été très fluide dès le début. J’ai senti qu’il n’avait pas peur du changement dans les méthodes de travail. Sentir cette confiance, c’est hyper important. À l’UBB, vous êtes pleinement intégré dans le staff de Yannick Bru. Lier la préparation physique et le projet de jeu, c’est indispensable ? Dans le rugby d’aujourd’hui, on ne parle plus de préparation physique mais de perf’. La relation entre le manager et la personne responsable de la perf’ doit être importante. Il n’y a pas qu’en seule méthodologie. Pour arriver à un point Z, il y a plusieurs chemins. Le mien est ce qu’il est par rapport à mon vécu dans différents sports. Je me suis toujours posé la question de savoir ce qu’il faut développer et comment pour être le plus pertinent avec le projet de jeu. La prépa athlétique doit être spécifique et non pas générale par rapport au projet de jeu demandé. On parle beaucoup de datas dans le rugby moderne. Quelle est la part d’humain dans votre fonction ? En 2023, tout le monde suffoque face à la data. La data, c’est un facteur de décision. Mon cahier des charges, c’est d’amener des faits scientifiques pour prendre des décisions : sur la charge de travail, la physiologie, les intensités… La data sert à contrôler le maximum de choses. La science et la technologie appliquées au rugby pro ont été décuplées depuis six, sept ans. Mais évidemment, l’humain, l’émotion, a sa part prépondérante. Tu passes tous les jours avec les mecs, tu ne vas pas prendre des décisions uniquement basées sur des chiffres. C’est juste que nous ne sommes plus sur du subjectif ou de l’interprétation. Refuser cela, c’est comme si à l’heure du téléphone portable, on se contentait de signaux de fumée. Tu dois aller avec ton temps. Après, on parle beaucoup de datas mais il faut savoir quoi en faire. On a coutume de dire que les matchs de Champions Cup se rapprochent des standards internationaux. Est-ce vraiment le cas ? Le Top 14 a vraiment évolué depuis 2019 : il a comblé les retards sur les temps de jeu, les séquences. La grosse différence avec le niveau international se situe au niveau du pack avec les règles différentes sur les changements. La Champions Cup colle plus au niveau international de par cet aspect. L’UBB connaît des baisses de régime sur les fins de matchs depuis quelque temps. Comment l’expliquez-vous ? Ce n’est pas les 10-15 dernières minutes qui sont en cause. C’est une conséquence des débuts de seconde période où on a un gros impact sur les distances d’accélération, du déplacement à haute intensité. On est trop indisciplinés sur ces périodes. On a aussi un problème sur le changement de banc au niveau du cinq de devant qui n’a pas l’impact attendu. On a des joueurs meilleurs quand ils finissent, et d’autres meilleurs quand ils débutent. J’ai eu un rôle d’observateur pour voir comment se passaient les matchs par tranches de 10 minutes pour nous aider à trouver les remèdes. On essaie de trouver des solutions. Après, il y a aussi l’aspect mental : les joueurs doivent comprendre qu’ils doivent apporter plus quand ils rentrent. Si je peux apporter ma pierre à l’édifice pour qu’on progresse tous ensemble, c’est top. Face à une équipe irlandaise comme le Connacht qui aime les longues séquences de jeu, c’est un test grandeur nature pour l’UBB à ce niveau… L’UBB est aussi une équipe qui essaie de porter le ballon, d’avoir des séquences d’attaque longues. Ça va être un gros test pour nous car la Coupe d’Europe, c’est ça. Les équipes irlandaises, à l’image de la sélection nationale, portent énormément le ballon. Ce sera intéressant de pouvoir matcher avec une équipe qui cherchera un gros « ball in play ».
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